La voie antérieure de HUETER

La voie antérieure est une technique permettant d’aborder l’articulation de la hanche pour mettre en place une prothèse. Il existe d’autres voies. Nous choisissons la voie antérieure de Hueter car elle nous paraît être la plus appropriée pour respecter les muscles et les tendons.

L’opération

La mise en place d’une prothèse de la hanche nécessite d’aborder l’articulation c’est-à-dire d’accéder en profondeur aux structures osseuses. Il existe plusieurs voies décrites pour aborder l’articulation de la hanche
Nous utilisons la voie d’abord antérieur de HUETER qui est pour nous la meilleure voie permettant de préserver les structures anatomiques musculaires et tendineuses pour conserver toutes les capacités fonctionnelles de l’articulation.
Elle permet également de conserver la capsule articulaire qui a des fonctions proprioceptives.
​La voie antérieure est dite « mini invasive » du fait de ses capacités à préserver au mieux les parties molles.
Nous utilisons également cette voie antérieure pour les reprises de prothèse simples.
​Il existe d’autres voies d’abord permettant la mise en place de une prothèse de hanche que nous n’utilisons pas en première intention: la voie postérieure ou la voie trans-trochantériennes, dans notre pratique, sont employées pour les reprises de prothèses complexes. 

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Une programmation est réalisée avant l’intervention sur les radiographies pour définir avec précision la taille, le positionnement et la morphologie de la prothèse qui va être posée grâce a un logiciel spécifique de planification (Traumacad). 
L’opération est réalisé par une voie antérieure de HUETER. Nous réalisons une incision en regard de l’articulation de la hanche, à sa face antérieure. Les muscles et les tendons sont écartés avec précaution et ils sont protégés tout au long de l’intervention. Des écarteurs spécifiquement conçus pour la voie antérieur sont utilisés à cet effet. La capsule de l’articulation est ouverte et elle est préservée pour être suturée en fin d’intervention. La tête fémorale usée est excisée. La préparation du cotyle (os du bassin), puis du fémur sont réalisées avec des instruments spécifiques permettant de préparer l’implantation des composants de la prothèse. En fin d’intervention la capsule articulaire est repositionnée et suturée et les muscles reprennent leur position initiale. Cette intervention dure environ 60 minutes. Dans la très grande majorité des cas il n’est pas nécessaire de positionner de drain.
L’intervention se déroule sous anesthésie générale ou sous péridurale.
Voie antérieure de HUETER
Le patient rentre à la clinique ARAGO la veille de l’intervention ou le matin même. L’hospitalisation est de un à trois jours avec un retour à domicile dans 95 % des cas. Le patient est levé et il marche le soir même de l’intervention, au plus tard le lendemain matin. La marche se fait avec une ou deux cannes à titre antalgique. Le kinésithérapeute l’accompagne dans ses premiers pas, pour la montée et la descente des escaliers et lui donne des conseils pour les transferts et les actes de la vie courante.
Le pansement sera refait avant la sortie. Les traitements antalgique, anti-inflammatoire et anti coagulant sont prescrits.
Le retour à domicile se fait en véhicules particuliers ou en taxi en étant accompagné. 
Voie antérieure de HUETER
Les consignes et le retour à domicile sont les suivantes :
– Une marche quotidienne idéalement deux fois par jour en augmentant progressivement la distance: c’est la meilleure des rééducations.
– La ou les cannes sont conservées deux à trois semaines.
– Le pansement est refait par une infirmière à domicile tous les deux à trois jours.
– Les anticoagulants sont prescrits pour cinq semaines pour éviter de développer une phlébite. 
– Le Kinesitherapeute peut donner des consignes de réveil musculaire.
– ll est possible de reconduire une voiture aux alentours de la cinquième semaine. Il est préférable de ne pas prendre l’avion avant cette date. 
Il est conseillé d’appliquer de la glace sur la cuisse une fois par jour pendant les 10 à 15 premiers jours pour limiter le risque d’hématome
Il existe un risque de luxation mais qui est très limité avec la voie antérieure, le risque zéro n’existant pas. Il faut respecter les consignes de sécurité prodiguées par le kinésithérapeute dans la période postopératoire immédiate.
Comme pour toute intervention il existe un risque d’infection (infection nosocomiale), de l’ordre de 1 %. Il faudra bien entendu nous prévenir ainsi que votre infirmière si les signes suivants apparaissait : un écoulement anormal de la cicatrice, de la fièvre, des douleurs qui s’accentuent. Toute infection concomitante doit être prise en charge sans délai (dentaire, O.R.L., urinaire etc.) pour éviter de contaminer la prothèse.
​Les anticoagulants doivent être pris impérativement pour diminuer le risque de phlébite ou d’embolie pulmonaire. 
Le tabagisme, le diabète et le surpoids sont les facteurs qui augmentent les risques d’infection.
Il est recommandé d’arrêter de fumer ou de réduire significativement plusieurs semaines avant l’intervention et plusieurs semaines après l’intervention pour ne pas limiter les capacités de cicatrisation.
Il est important de contrôler le plus strictement possible son diabète pour limiter les risques d’infection.
Enfin le contrôle du poids permet aussi de réduire significativement les risques de complications, dont l’infection.